Que deviennent les farines ?

Que deviennent les farines animalesBien que les médias n’en fassent pas état, je suppose tout de même que vous aimeriez le savoir. Même si le tapage médiatique sur la crise de la vache folle est retombé, les farines n’ont pas disparu pour autant.
Trois millions de tonnes, cela ne s’évapore pas comme cela dans la nature, il faut bien en faire quelque chose.
Plusieurs possibilités furent étudiées, dont une majorité comme combustible – cimenteries, centrales thermiques à charbon, unités de co-générations.1
Depuis 2009, elles sont officiellement répertoriées en 3 catégories bien distinctes :

  • La catégorie 1 (dite C1) est la catégorie à plus haut risque – risque prion, risque lié à des contaminants de l’environnement….

  • La catégorie 2 (C2) représente un risque moindre, souvent d’ordre microbiologique.

  • La catégorie 3 (C3) ne présente aucun risque spécifique ; elle regroupe des matières issues d’animaux sains.

Les sous-produits des catégories 1 et 2 sont traités en centres spécifiques. Ils sont broyés, cuits, déshydratés et enfin pressés pour séparer la partie protéique de la graisse.

  • La C1 : la partie solide finie incinérée en cimenterie ; la partie graisse, ayant des caractéristiques proches du fuel lourd sert à la combustion – en général, elle reste sur place et sert dans les chaufferies des cuiseurs.
    Depuis, quelques sociétés se sont intéressées aux potentiels de cette ressource. Sofiprotéol, société spécialisée dans le biodiesel, se lance dans la production de biodiesel à base des graisses animales impropres à l’alimentation humaine ainsi qu’à base des huiles alimentaires usagées – issue de la restauration. La production démarrera dès 2015 à Venette près de Compiègne – Oise – avec un potentiel de 80 000 tonnes au total.
    Le marché français des EMHA2 et EMHU3 représente selon Sofiprotéol 140 000 tonnes. Avec un potentiel en EMHU de 40 000 tonnes en France, il reste donc 100 000 tonnes à couvrir avec le EMHA.
    Pour ne pas vous affoler, sachez que le taux d’incorporation sera de 0,35 % des carburants d’origine fossile. Pas de quoi inquiéter votre moteur.
    De son côté, Intermarché a déjà une usine de biodiesel à partir de graisses animales depuis fin 2013 au Havre – Seine-Maritime – avec la société Saria, spécialisée dans l’équarrissage et le traitement des déchets d’abattoir présentant un risque pour la sécurité sanitaire ou environnementale.4

  • La C2 : la partie solide, après stérilisation et marquage chimique au glycéroltriheptanoate – GTH -, sert de fertilisant ; la partie graisse sert en lipochimie – hors cosmétique et pharmacie.

Ces deux catégories représentent environ 1 million de tonnes par an en France.

La C3 : la carcasse d’un animal déclaré propre à la consommation humaine est essentiellement valorisée en alimentation humaine – viande, produits à base de viande, graisse, gélatine…- ; les produits ainsi consommés représentent, dans les pays riches, 50 à 60 % d’une carcasse.

Les sous-produits – hors MRS5 de catégorie 1 pour les ruminants et saisies de catégorie 2 toutes espèces – issus de cet animal appartiennent à la catégorie 3 – C3. Après transformation, ils génèrent :

  • des protéines animales transformées – PAT – – y compris les farines de sang et les farines de poisson -,

  • des corps gras animaux – CGA – – dont les graisses de cuisson, les graisses fondues, les huiles de poisson et les dérivés lipidiques -,

  • et d’« autres produits » – dont notamment produits sanguins, protéines hydrolysées, phosphate bi-calcique…

En France, la quantité de sous-produits de catégorie 3 collectés pour être transformés est aujourd’hui d’environ 2 millions de tonnes par an. De leur transformation sont extraites près de 440 000 tonnes de PAT et 367 000 tonnes de CGA.

Actuellement :

  • les PAT sont valorisables dans les aliments pour animaux de compagnie – pet food -, aliments pour poissons – sous certaines conditions – et matières fertilisantes ;

  • les CGA sont valorisables en aliments pour animaux d’élevage – sous conditions pour les graisses de ruminants -, aliments pour animaux de compagnie, oléochimie, combustion, etc. ;

  • les « autres produits » sont valorisables, au même titre que les CGA, en alimentation animale et aliments pour animaux de compagnie.6

destination des protéïnes animales transformées

Source : CNA

1. Rapport du Sénat n° 321, op. cit., p. 293 et sqq. – Pour rappel : voir le rapport ou le télécharger external

2. Esters méthyliques d’huiles animales

3. Esters méthyliques d’huiles usagées – huiles alimentaires –

4. Sources : La France Agricole du 14 octobre 2013, Le Courrier Picard du 15 octobre 2013.

5. Matériels à risque spécifiés.

6. Quelle place pour les protéines animales transformées (PAT) dans l’alimentation des porcs, des volailles et des poissons ? Avis n°70. Centre National de l’Alimentation, Paris, décembre 2011, 111 pages. Pages 7, 18 et sq. Pour le télécharger ou le lire sur votre navigateur Web external

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