Vache folle : scandale sans coupable

Vache dans le canton de Fribourg dans La Gruyère SuisseMi-avril, et après dix-sept années d’enquête1, le parquet de Paris a demandé un non-lieu général concernant le dossier de la vache folle.

À chaque affaire, à chaque scandale, il nous faut établir un coupable, un fautif, une victime expiatoire (voir PAT éthique).

Malheureusement, dans ce dossier, les preuves irréfutables ne peuvent être établies.

Avec le recul, il est facile de faire du révisionnisme ou de donner des leçons. Si nous avions su, le 28 juin 1914, nous aurions demandé à l’archiduc François-Ferdinand d’éviter de se pavaner dans les rues de Sarajevo. Nous nous serions également occupé plus sérieusement d’un certain Adolf H. avant qu’il n’accède au pouvoir. Nous aurions pris plus de précautions lors des essais nucléaires. Etc.
Pour en revenir au scandale sanitaire de la vache folle, au moins deux erreurs ont été commises :

  • utiliser des animaux trouvés morts pour les transformer en farine à des fins d’apport de protéines ;
  • utiliser des restes de moutons atteints de la tremblante, toujours pour les transformer en farine pour les protéines.

La prudence aurait voulu que ces animaux soient incinérés, au pire transformés en engrais organiques.

Pour le reste, c’est une accumulation et une corrélation de facteurs malheureux. Si quelquefois le hasard fait bien les choses, ici, il a conduit à la catastrophe.

La réutilisation de produits animaux transformés et mélangés à d’autres matières premières pour l’alimentation des omnivores n’est pas une aberration. Sans toutefois exagérer les quantités, évidemment.
Elle rentre dans une logique de recyclage. Rien qu’en France, ce sont 3,3 millions de tonnes de déchets animaux générés par an.

Dans notre société occidentale et capitaliste où il faut faire profit de tout, jeter purement et simplement cette matière première semblait une aberration économique. D’autant que cela pouvait réduire notre dépendance aux protéines végétales importées des Amériques – soja des États-Unis et du Brésil.

Pour rappel, l’utilisation dans l’alimentation des ruminants fut réalisée à grande échelle au Royaume-Uni, qui totalise un nombre colossal de bovins atteints de l’encéphalopathie spongiforme bovine, et également du nombre de personnes ayant contracté la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Concernant le cheptel bovin, c’est à peu près cent fois plus que les autres pays d’Europe. Ce qui est le symptôme d’une utilisation massives des farines pour les ruminants des exploitations Britanniques.

L’autre cause principale de cette avalanche de cas fut le changement de traitement des déchets animaux. Le processus d’extraction des graisses animales fut modifié pour des raisons économiques. Sans le savoir, ce changement allait permettre la survie du prion responsable de l’ESB.

En France, ce sont surtout les contaminations croisées qui sont les principaux cas d’ESB.

Dans tous les cas, il n’y a pas eu de volonté de tromper les consommateurs, ni de nuire à leur santé.
Pour ceux qui suivent mes billets sur la crise de l’ESB, ce billet – ce post – n’est que du rabâchage, pour ceux qui prennent le train en marche, les liens sont là pour vous orienter. Ce blogue ne traitant pas uniquement de ce sujet.

Pour savoir ce que deviennent les farines Vers Que deviennent les farines animales

Le retour des farines est-il prévu Vers Farines animales : le retour ?

Les protéines animales en aquacultures sont-elles utilisées comme le prévoit l’autorisation de la Commission européenne Vers Farines animales et démagogie

1. 18 ans d’enquête d’après l’Express.
16 ans pour La Tribune.
17 ans selon Le Parisien.
😆
 
(crédit photo : Vache dans le canton de Fribourg dans La Gruyère Suisse © daoro – Flickr)

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