Le modèle Américain

Élevage : Le modèle AméricainAprès la Seconde Guerre mondiale, l’heure était aux grands projets et à la croyance dans le progrès technique. Relayé par le plan Marshall, le modèle agricole américain faisait des émules en Europe : grosses structures agricoles, moins de pâturage, plus de maïs ensilage.

Ce type d’agriculture s’est amplifié avec l’arrivée au poste de commissaire européen chargé de l’agriculture du néerlandais Sicco Mansholt1, en 1958. Ayant connu les ravages de la sous-nutrition dans son pays après la guerre, Sicco Mansholt comprit la nécessité de moderniser l’agriculture européenne afin d’éviter d’autres pénuries alimentaires et garantir la rentabilité de nos systèmes agricoles. Après son accession au poste de commissaire, il favorisa les investissements dans la recherche et l’éducation. Il encouragea la fusion des fermes pour former des unités plus grandes, plus productives et plus rentables.2

Il n’a pas pensé à mal, en tant qu’agriculteur, il avait perçu nos points faibles, mais n’avait pas envisagé les effets pervers de ses décisions.

Ces effets secondaires, nous les subissons encore aujourd’hui :

  • pour notre bonheur. Depuis les années 1950, avons-nous connu une ou des pénuries alimentaires ? À voir les rayons débordant des grandes surfaces et le gâchis alimentaire, je peux répondre NON sans me tromper.
  • Pour notre malheur. Un modèle productiviste dominant de plus en plus décrié, qui peine à modifier sa trajectoire.

Le système de traite s’est amélioré avec la concentration des élevages et a contribué à modifier l’affouragement des troupeaux laitiers.

La stabulation entravée

À part les cas au XIXe siècle, que des historiens nous ont rapporté, et qui confinaient leur troupeau douze mois sur douze, ce procédé alterne six mois d’étable à l’attache et six mois de pâturage, environ.

D’abord en traite manuelle pour les petits troupeaux, une installation relativement simple à permis de passer à la traite mécanique. Par pot trayeur ou par faisceau trayeur relié au tank à lait via un réseau de pipeline.

Montbéliardes en stabulation entravée dans le Jura

Montbéliardes en stabulation entravée dans le Jura

Brunes des Alpes en stabulation entravée

Brunes des Alpes en stabulation entravée

Traite en stabulation entravée

Traite en stabulation entravée

pot trayeur

Pot trayeur pour stabulation entravée

La traite au pot était celui que j’utilisais en Haute-Savoie. Le trayeur est au contact des vaches.

C’est le trayeur qui se déplace de vache en vache pour brancher le pot trayeur. Contrairement à la salle de traite où le trayeur est dans une sorte de fosse, pour avoir les bras à hauteur du pis, et se sont les vaches qui prennent place au fur et à mesure.

La stabulation libre

Les vaches y sont enfermées mais peuvent déambuler à leur guise. Ce type d’étable permet l’hébergement de grands troupeaux avec une salle de traite ad hoc.

C’est principalement la taille du troupeau qui va déterminer si le pâturage est compatible. Plus le troupeau est imposant, plus le pâturage est difficile à gérer, pour des raisons de mouvement de troupeau deux fois par jour, traite oblige. Certaines structures adoptent le système à trois traites par jour avec des équipes de trayeurs qui se relaient.

Attention toutefois, si la gestion du pâturage n’est pas facile, il n’est pas impossible non plus. Il y a le choix de l’éleveur. Il y a également la structure de la ferme : il faut un maximum de prés autour du bâtiment d’élevage. Les vaches sur les routes, même sans beaucoup de circulation, c’est beau sur des vieilles cartes postales, mais peu adapté à la vie trépidante occidentale contemporaine.

Stabulation libre

Stabulation libre

Salle de traite 2x8 en épi

Salle de traite classique dite « épi » 2 x 8 postes avec traite sur le côté

salle de traite 2x20

Salle de traite en 2 x 20 postes avec traite par l’arrière (XPressWay de Boumatic)

Roto traite

Salle de traite rotative – Traite par l’extérieur. Les trayeurs sont à l’extérieur et ne bougent pas de place ou très peu. Chaque agent peut avoir une tâche dévolue : le premier nettoie les mamelles, le suivant branche les vaches, éventuellement un troisième en fin de traite pour vérifier s’il n’y a pas eu d’incidents. Si le trayeur est seul… bonjour la condition physique !!!

roto traite DeLaval details

Détails des postes de traite. Il n’y a pas de bras, ce n’est donc pas un robot, mais il faut l’intervention humaine pour la traite.

Roto_24_postes Boumatic

Salle de traite rotative 24 postes intérieurs. Contrairement à la « roto » du dessus, ici le/les trayeurs sont au centre du dispositif, il(s) peuvent plus facilement surveiller l’ensemble de la traite.

Pour finir, un petit film réalisé par la Chambre d’Agriculture de Charente-Maritime, qui montre trois styles de traite : en épi à 2 x 5 postes, en roto 24 postes par l’extérieur et enfin le robot.

Pour résumer

  • Stabulation entravée, traite manuelle ou mécanique : largement compatible avec le pâturage.
  • Stabulation libre :
    • troupeau de petite ou moyenne taille, jusqu’à cent vaches : compatible avec le pâturage ;
    • troupeau de grande taille : pâturage possible selon les desiderata de l’éleveur, le positionnement de la stabulation par rapport aux pâtures et de la présence de main-d’œuvre suffisante. Un dernière composante peut rendre le pâturage obligatoire : une loi – nous le verrons dans l’article suivant.

À suivre

1 Sicco Mansholt a été agriculteur, résistant, homme politique et premier commissaire européen chargé de l’agriculture. Il a jeté les bases de la politique agricole commune (PAC), une des politiques les plus importantes de la construction européenne.

2 Source : europa.eu – Les pères fondateurs de l’UE.

(Crédits photos : 1 – Jean Helder ; 2 -© Ségolène Roze – Fotolia.com ; 3 – © Visionsi  – Fotolia.com ; 4 – © riko23  – Fotolia.com ; 5/9/10 – © DeLaval ; 6/7 – © branex – Fotolia.com ; 8/11 – © Boumatic)

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